 |  |  | L'AMICALE
LAIQUE : |
 |  | Le Nord-est de la
ville de Nantes
s'industrialise avec l'édification de l'usine des Batignolles qui
emploie près de 3000 ouvriers en 1922. Des villages de maisons de bois
sont construits "provisoirement" (et dureront jusqu'en 1970) la
Halvêque - la Baratte - le Ranzai ... Des manifestations de masse ont
lieu en 1927 Place Graslin réclamant des ressources suffisantes afin
d'assurer le bon fonctionnement des écoles publiques. C'est
dans ce contexte que germe le Groupement de Défense Laïque de St Joseph
de Portricq qui sera constitué au printemps 1931 et déclaré, le 6 juin
à la préfecture par son premier président Charles Neveu. Son
siège social : Café de l'Industrie, route de Paris et ensuite, Café du
Printemps (approximativement en lieu et place de la station-essence
Leclerc Paridis). Les activités du groupement peuvent se
résumer aux actions suivantes : - participation aux débats,
réunions, manifestations pour la défense et la promotion de l'école
publique et laïque - organisation des fêtes de Noël flamandes
(qui se déroulaient au siège), de fin d'année avec remise des prix qui
se tenaient dans les écoles de St Joseph de Porterie et des Batignolles
- création et fonctionnement d'une bibliothèque, toujours existante à
St Joseph - subventions aux écoles (dons de livres, papeterie)
- distribution de vêtements aux enfants nécessiteux - voyages
de fin d'année - participation aux soupes populaires (grèves
de 1936), secours aux plus défavorisés. On note aussi qu'une
subvention était versée pour le voyage de fin d'études des normaliens
et normaliennes. Pour être membre du groupement, il fallait :
- s'engager sur l'honneur à confier ses enfants à l'école publique
- être parrainé par deux membres de l'Association. Une
discussion très ouverte, qui a nécessité plusieurs réunions du Conseil
d'Administration, fut engagée pour parvenir à l'affiliation du
groupement à la Fédération des Amicales Laïques. Une vie très
intense, qui dans la période de 1940 à 1944, se limitera à des
activités incognito dans les écoles. En 1945, dans la liesse
de la Libération, est créée l'Amicale Laïque des Batignolles qui
s'éteindra en 1970 avec la démolition des baraquements du quartier.
Le Groupement de Défense Laïque continue ses activités uniquement à
l'école publique de St Joseph (aujourd'hui Maison des Associations) qui
deviendra son siège. M. Puceul en assurera la présidence. Parallèlement à l'augmentation des effectifs
scolaires, le nombre d'adhérents à l'Amicale Laïque va croissant
jusqu'aux années 60 où l'on compte 8 familles sur 10 ayant leur carte
d'amicaliste; Gachet et les Castors (Quartier de la rue du Millau) les
plus représentatifs. (on recense, à st Joseph, 2000 habitants en 1954).
Si les fêtes de Noël se déroulent à l'école, les kermesses de printemps
ne peuvent se tenir dans la cour où sont édifiés des baraquements de
bois pour les nouvelles classes. De 1958 à 1960, les
kermesses se tiennent à Gachet, sur les rives de l'Erdre, avec des
spectacles de qualité et pas moins d'une dizaine de stands.
Dans le même temps, une section sportive se crée et un bureau
spécifique est élu. ALSJ (Amicale Laïque Saint Joseph) qui deviendra,
20 ans plus tard, l'ALPAC. La section pratique le basket qui aura ses
heures de gloire, mais aussi ses difficultés dues aux manques
d'effectif et fusionnera avec l'AL Batignolles en 1967. Les élèves de
l'école participent au Cross des Ecoliers organisés par l'USEP-UFOLEP.
L'Amicale s'en verra confier l'organisation en 1964. Des voyages de fin
d'année scolaire sont organisés : journée à la mer, visite du port de
Nantes en bateau... Un club de jeunes verra le jour en 1966,
puis la mise en place d'une section céramique qui s'éteindra fin 1968.
Des conférences FAL sur la laïcité ainsi que sur le planning familial
sont organisées en 1965 mais déjà le manque de salle de réunion se fait
sentir à St Joseph. On parle aussi d'Inter Amicale Laïque sur
le 8ème Canton, et l'Amicale Laïque participe aux manifestations pour
la défense de l'université à Nantes, ainsi qu'aux grèves scolaires de
décembre 1966, mai 1968 et octobre 1969. L'Amicale est
présente sur la vie du quartier. En 1957-1958, trois amicalistes sont
déléguer pour participer aux bureaux de vote lors des élections
politiques. Des interventions auprès de la Mairie sont faites, en
commun accord avec les parents d'élèves (École Publique/École Privée)
pour l'aménagement de trottoirs pour la sécurité des enfants.
La construction d'un groupe scolaire est envisagée, et même un C.E.S
est prévu rue du Port des Charettes. Mais la baisse de la population
(1073 habitants en 1968) voit fondre les effectifs scolaires ainsi le
groupe scolaire ne verra le jour que plus tard. Des membres
du Conseil d'Administration de l'Amicale sont élus au Centre Social de
la Pilotière. Entre-temps, les fêtes de Noël, compte tenu du
nombre élèves-parents, se déroulent à la salle des Marsauderies mieux
adaptée pour les spectacles mais malheureusement excentrée.
Une Zone d'Aménagement Concertée est instaurée en 1967 bloquant toute
évolution du quartier, axée sur des projets à long terme. De
1950 à 1970, les parents d'élèves, les enseignants et les Directions
Départementales de l'Éducation Nationale font corps avec L'Amicale pour
défendre, promouvoir la laïcité à St Joseph de Porterie et faire
évoluer l'éducation populaire par la création d'activités péri et
postscolaires. L'érosion de
la démographie portérienne, atteignant son plus bas niveau en 1975 (954
habitants recensés) n'empêche pas l'Amicale de poursuivre ses activités
et de répondre aux aspirations sportives des jeunes du quartier :
- en 1971, création d'une section Football jeunes à laquelle se
joindront, pendant deux ans, des Vétérans adeptes de la détente du
dimanche matin, et qui donneront naissance à l'A.S.V (Association
Sportive des Vétérans de Saint Jo.) - en 1973, 1ère course
pédestre reliant Gachet au bourg de St Jo qui évoluera ensuite dans les
allées du parc de la Beaujoire pendant 10 ans pour devenir la Corrida
et Ronde de Noël autour du grand stade Louis Fonteneau. - en
1976, début de la section handball avec des benjamins. Les
activités "fêtes" continuent avec l'Arbre de Noël à la salle des
Marsauderies. La fête du Printemps dans la cour de l'école (aujourd'hui
Maison des Associations) et sur le terrain de foot attenant (occupé
maintenant par le groupe scolaire Louis Pergaud). Des manifestations
ponctuelles ont lieu pour la sécurité des enfants à la sortie des
écoles. Une pétition commune aux Associations sportives est envoyée à
la Mairie en Novembre 78 pour demander des équipements sportifs (POS).
Le secteur culturel s'équipe également : - Labo-photo avec
agrandisseur dans un baraquement - Four pour céramique
- Bibliothèque (qui déménage plusieurs fois) - Ciné-club (1
fois par mois) - Section Musique - Accordéon - Piano - Solfège
- Galette des Rois à la Chantrerie au profit d'une classe de mer
- Fête costumée en février mars toujours très active. Au
projet d'aménagement du quartier envisagé par la Mairie avec la
construction de 800 logements, l'Amicale, les enseignants, les parents
d'élèves se mobilisent. Une délégation manifeste, lors de
l'inauguration du premier lotissement (Port des Charettes) pour
réclamer la construction d'un groupe scolaire et d'équipements
socioculturels et sportifs allant de pair avec l'urbanisation en cours.
Notre Amicale organise à la Chantrerie, en janvier 80, les championnats
régionaux Pays de Loire de Cross - UFOLEP. Les années 80 sont
des moments forts de l'Amicale. En juin 81, la fête du
cinquantenaire durera 5 jours avec la pose de la première pierre du
groupe scolaire Louis Pergaud. Une révision des statuts est
engagée, complétés par un règlement intérieur ainsi que de nouvelles
structures : - dénomination de l'ALPAC - un secteur
sportif Amicale Laïque Porterie Athlétique Club - un secteur
culturel Amicale Laïque Porterie Art et Culture - une
commission information - une commission fêtes rattachée au
secrétariat général. Le quartier évolue, les constructions
poussent comme des champignons, la population se multiplie. (2000
habitants en 1982, 6200 en 1988). les demandes d'activités se
font pressantes mais l'Amicale ne peut faute de locaux répondre à
toutes les sollicitations. Le groupe scolaire Louis Pergaud
se construit et l'ancienne école est reconvertie en Maison des
Associations où deux nouvelles sections peuvent évoluer, la gymnastique
d'entretien et la danse enfants. Une section tennis verra aussi le jour.
Des locaux sont affectés à l'Amicale moyennant un loyer de 8000 F l'an
grevant sérieusement le budget. Un deuxième groupe scolaire
est ouvert rue du Port des Charettes : le Linot. Faute de
pouvoir réunir dans une même salle l'effectif de 2 groupes scolaires,
la traditionnelle fête de Noël est abandonnée au profit de fêtes
organisées dans chaque école. De même, si la fête de
Printemps de l'Amicale continue sous la forme de 2 ou 3 jours,
l'actualité oblige, que des fêtes de fin d'année scolaire se déroulent
dans chaque groupe scolaire ce qui n'empêche pas l'Amicale d'apporter
son aide aux Écoles Publiques. En
1988, la commission information distribue son 1er Numéro de liaison -
Presse Laïque (actuellement "Le Petit Journal de Saint Jo") à 2000
exemplaires (à raison de 3 numéros par an), en complément de la
plaquette illustrant les activités culturelles et sportives distribuée
en septembre. Au printemps 1989, 3 jours de fête commérant le
Bicentenaire de la Révolution Française, au cours desquels l'Amicale
donnera naissance, avec faste, à la Commune Libre de Saint Joseph de
Porterie, parrainée par la Commune Libre du Bouffay. L'Arbre de la
Liberté est planté en présence du Député Maire de Nantes auquel est
remis le cahier de doléances de la Commune Libre. Un défilé folklorique
parcoure le quartier créant une animation inaccoutumée suivi
l'après-midi du 1er Tour pédestre de Saint Joseph de Porterie.
En ce début de siècle, la population
portérienne avoisine les 10000 habitants. Les infrastructures évoluent
de jour en jour : de nouveaux lotissements (la Fontaine Caron, Gachet,
Atlanpole, Embellie..), réaménagement des sorties d'écoles et de la rue
Jean-Marie Potiron (plateau piétonnier et places de parking) en "Zone
30", une extension du complexe sportif avec la construction d'un second
gymnase et d'un terrain de football en herbe. Dans ces
gymnases, sont pratiqués : - le handball - le basket-ball -
le volley-ball - le badminton - le tennis - la gymnastique -
le tennis de table - la musculation - le saut à la perche. En
1999, de nouvelles activités ont vu le jour : - l'atelier
couture - l'atelier micro-informatique - le badminton - la pétanque
Durant ces dernières années, les moments
forts de l'ALPAC sont : - le forum d'activités (1er samedi de
septembre) - l'Assemblée Générale des Adhérents (novembre)
- la Corrida de la Beaujoire (dernier samedi de décembre) -
la Galette des Rois (janvier) - la Soirée costumée (mars)
- Le Pas Athlétique et la Fête du Secteur Culturel (juin). Aujourd'hui, l'Amicale avoisine le millier
d'adhérents et pose la question de sa stucturation. De même, comment
fidéliser les bénévoles et en impliquer davantage ? La demande
d'activités est croissante mais le nombre de bénévoles est inverse.
Alors, quelque soit votre compétence, venez nous rejoindre !
Une nouvelle activité culturelle, le "Bloodball", est en cours de
création par une équipe de jeunes, un peu de "sang" neuf... pour une
amicale septuagénaire, tout comme la rénovation actuelle de la Maison
des Associations.
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 | L'ECOLE
PUBLIQUE : |
 |  | L'école publique
de St Joseph de Porterie : 90
ans Notre
quartier date de 1845-1846. Sur une parcelle du domaine de Porterie,
les Lelasseur, de Saint Pern, Lévesque et Dufort, propriétaires de
toutes les terres du quartier où ils possédaient leurs résidences
secondaires, firent ériger une paroisse sous le vocable de Saint
Joseph. Quelques maisons suivirent, premiers éléments d'un petit bourg
rural. On édifia un presbytère, on aménagea un cimetière. Le
9 Décembre 1850, une école de garçons s'ouvrit dans une dépendance de
la cure, avec une trentaine d'enfants. Le premier instituteur qui a
laissé une trace dans les archives se nommait Pierre Hervé. En 1854,
une seconde école était créée : Mathilde Mélanie Dupont, soeur de Saint
Gildas, en religion Soeur Saint Norbert, y accueillait les filles.
Les deux écoles, privées, étaient subventionnées par la ville de
Nantes, ce qui arrangeait bien les municipalités : cela leur évitait
d'avoir à construire et à entretenir des écoles communales. Le fait que
ces écoles soient des écoles catholiques ne choquait pas les maires,
même le protestant Ferdinand Favre. Saint Joseph, bien que
section de la commune de Nantes, était une paroisse rurale. Il en
reste, pour "l'étranger" arrivé plus tard dans le quartier,
l'impression d'un cercle très fermé, très uni autour de son église,
mais très chaleureux pour celui qui en faisait partie. La paroisse
avait son école, elle aura plus tard son patronage avec ses équipes
sportives et son théâtre amateur, ses infirmières, sa Coopérative qui
rassemblait tous les agriculteurs du quartier, sa mutuelle, sa banque.
Tout le monde ou presque y pratiquait le même métier, celui de la terre.
"Hors de l'Église, point de salut",
disait-on alors, et ce n'était pas une vaine parole. La fin du 19ème
siècle vint bouleverser cet ordre. Napoléon III, avec la lamentable
guerre de 1870-1871, venait d'achever de déconsidérer les pouvoirs
monarchiques, et la France devenait une République, approuvée par le
suffrage redevenu "universel". Une grande partie de l'Église
catholique, restée royaliste, et sentant son pouvoir temporel lui
échapper, tenta de freiner des quatre fers, ce qui amena, en 1905, la
loi de séparation de l'Église et de l'État. Cette évolution
va être particulièrement sensible dans le domaine de l'enseignement.
Les lois du 16 juin 1881 (gratuité de l'école publique) et du 28 mars
1882 (l'école devient obligatoire, l'école publique devient laïque) en
sont l'aspect le plus connu. La commune de Nantes élit des
municipalités républicaines qui créent en ville de nombreuses écoles
publiques. Saint Joseph, au fond de sa campagne, et malgré les rappels
du Préfet, reste en dehors du mouvement : on sent peut-être, à la
mairie, que la population du quartier n'y est guère favorable.
La municipalité de Gabriel Guist'hau va se sentir beaucoup plus
concernée, et le 11 décembre 1908, l'adjoint L. Viel présente une
première étude au Conseil Municipal. Elle fait état d'une nouvelle
demande du préfet, qui souligne le fait que les 40 garçons et les 40
filles scolarisés à Saint Joseph le sont " dans des écoles privées mal
installées, dépourvues des choses les plus indispensables et confiées à
des sécularisés qui reçoivent un traitement que leur sert,
contrairement à la loi, la ville de Nantes". Le préfet est conscient que pas un
propriétaire du quartier n'acceptera de vendre une parcelle pour
installer une école publique ; le cas s'est déjà présenté, dans les
faubourgs de Nantes. Il faudra sans doute procéder à une expropriation.
Au grand scandale de l'abbé Chatelier, curé de la paroisse, il n'y aura
pas lieu d'exproprier :
"La municipalité retardait depuis de longues années la création d'un
groupe scolaire. Le dernier maire, M. Sarradin, ne voulut jamais y
consentir. Le maire actuel Guist'hau, poussé par son triste conseil,
n'a pas hésité à entreprendre ce travail. On a acheté très cher un
terrain , six francs le mètre, avec la famille Lelasseur. M. Louis
Lelasseur n'a point attendu une expropriation [...], il a accepté après
avoir demandé à la ville cette somme énorme. Cela fait regretter
profondément la mort de Monsieur et Madame Lelasseur fondateurs de
l'église et donateurs du presbytère. Ils auraient subi l'expropriation
avant de se rendre." En août
1909, un arrêté ministériel approuve la création d'une école de garçons
et d'une école de filles à Saint Joseph de Portricq, commune de Nantes;
c'est un Nantais qui l'a signé, le Président du Conseil Aristide
Briand. Le terrain - un verger de 2250m²- a été acheté à M. Lelasseur
de Ranzay à raison de 6F le m², l'abbé Chatelier était bien renseigné.
La construction est confiée à un "consortium" constitué pour l'occasion
par la Chambre Syndicale des Entrepreneurs, association formée
d'entreprises dont certaines feront leur chemin : Jean Le Guillou,
Joseph Paris... Il semble bien que la municipalité Guist'hau, en dotant
le quartier le plus rural de Nantes d'un beau groupe scolaire, ait
voulu "marquer le coup". En
1910, on ne lésine pas sur la qualité! Les meilleurs matériaux sont
choisis, pierre de Sireuil, carrelages "premier choix", décor
architectural en "briques pressées de Couëron"... Le groupe scolaire
forme un quadrilatère coupé en deux par un haut mur de pierre qui
sépare les filles des garçons. Une seule porte, à la hauteur des
cantines, permet la communication entre les deux écoles. Derrière les
logements des instituteurs, s'étendent les deux cours de récréation,
ombragées chacune par une dizaine de tilleuls à grandes feuilles, avec
chacune son préau et, le long des murs extérieurs, ses "cabinets
d'aisance". Au fond des cours s'ouvrent la classe des filles et celle
des garçons, séparées par les deux salles de cantine. 90 ans plus tard, l'école
était toujours debout, transformée en Maison des Associations.
La démolition des deux vieilles classes pour les remplacer par des
constructions nouvelles se justifiait-elle? Les Associations
qui ont été consultées pour l'élaboration du projet de transformation,
en 1999-2000, n'en sont pas convaincues. Les vieux bâtiments ne
manquaient pas d'allure, avec leurs bandeaux et leur dentelle de
brique, témoins d'un certain style des années 1900. Les deux claires et
vastes classes, d'une qualité de construction exceptionnelle, étaient
faciles à chauffer l'hiver, et restaient toujours fraîches en été : les
matériaux modernes assureront-ils un confort équivalent ?
Madame Potiron ouvre l'école le lundi 2 octobre 1911, avec deux classes
: 26 garçons et 4 filles. Ce faible effectif entraînera vite la
suppression d'une classe. Le vieux bourg de Saint Joseph est toujours
aussi soudé autour de son église ; les vieilles familles portériennes
se sentent bien, dans le solide et chaleureux réseau d'oeuvres que le
clergé a su créer ou favoriser. Il n'est pas question pour elles
d'envoyer leurs enfants dans une école laïque; la vieille école
catholique du bourg est leur école, elles l'ont bâtie de leurs mains.
Les familles qui envoient leurs enfants à la nouvelle école publique,
peu nombreuses, sont exclues de ce cercle. Il s'agit d'enfants
d'employés de la municipalité, d'ouvriers des industries naissantes des
environs, de familles souvent très peu fortunées de Gâchet. Après la
guerre 1914-1918, les enfants des premiers ouvriers des Batignolles y
seront reçus, en attendant que l'usine ouvre ses propres écoles dans
les Cités en bois. Après la seconde guerre mondiale, l'école
publique accueille une bonne partie des enfants des nouveaux
lotissements., la Brosse, les Castors ; elle aura jusqu'à 5 classes.
Comme les architectes de 1910 n'ont prévu que deux classes en "dur", la
ville fait monter dans la cour trois baraquements exigus, rescapés sans
doute d'une cité d'urgence des années 1945. Vers 1970, l'école adopte
le nom de "Louis Pergaud". Fin des années 1970 : la ville
commence à s'étendre sur les vieilles terres agricoles de Saint Joseph.
Il est temps de songer à recevoir les nouveaux écoliers. La
municipalité Chénard vient d'être élue, la nouvelle école du quartier
va être une de ses premières réalisations. Le projet va être discuté
pendant plusieurs mois entre les élus, les techniciens, bien sûr,mais
aussi, grande nouveauté, avec les parents d'élèves et les enseignants.
Il en sort une réalisation assez exemplaire, qui répond en grande
partie aux demandes de l'époque : école toute de plain-pied, accessible
aux éventuels enfants handicapés, classes pourvues d'un "atelier"
permettant les activités particulières, vaste bibliothèque, restaurant
scolaire fonctionnel... L'urbanisation continuant de plus
belle, il faut bientôt bâtir école ailleurs, au carrefour de la
Beaujoire, à la Maisonneuve, au Linot. Entre Gâchet, Ranzay, l'Erdre et
la Garde, les 900 Portériens de 1970 sont maintenant 10 000! Louis Le Bail |
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 | L'ERDRE
ET SON CHEMIN DE HALAGE : |
 |  | De Nantes au
Pont-Hus, près de Petit-Mars, l'Erdre est un lac, sans doute le plus
ancien des grands lacs de barrage de France. On attribue à Saint Félix
la construction de la première digue qui fit de la modeste rivière la
grande étendue d'eau que nous connaissons aujourd'hui. Cela se passait vers l'an 550, au temps des
Mérovingiens. Un texte assez obscur, écrit par son confrère et ami
Fortunat évêque de Poitiers, fait allusion aux grands travaux réalisés
par l'évêque Félix sur les cours d'eau nantais. Ce premier barrage, c'était la chaussée
Barbin, une large digue de pierre et de terre qui coupait la rivière
cent mètres en aval du pont actuel de la Motte-Rouge, à l'endroit où
notre quai Barbusse fait un coude pour rejoindre la place
Waldeck-Rousseau. La Chaussée était assez épaisse pour accueillir trois
moulins. Deux pertuis, ou "pêcheries", munis de vannes, permettaient de
contrôler le niveau de l'eau en amont. La Chaussée de Barbin permit la
navigation de Nantes à Nort, assurant à la rivière un niveau constant,
indépendant des marées qui auparavant se faisaient sentir assez loin
dans les terres. Pendant des
siècles, l'Erdre connut un trafic important. Elle apportait à Nantes le
bois de chauffage, le fer des forges du Comté Nantais, des matériaux de
construction; les paysans descendaient, vers les marchés de la ville,
les produits de leurs récoltes. La première étape du voyage vers
Châteaubriant s'effectuait en bateau : à Nort, une voiture à cheval
attendait les passagers pour la suite du voyage. Si elle facilitait la circulation en amont,
la Chaussée de Barbin l'interdisait en aval : les bateaux ne pouvaient
la franchir. Elle était le premier d'une série de barrages (Port
Communeau, les Halles), qui divisaient la rivière en plusieurs bassins
dans la traversée de la ville, et empêchaient le passage en Loire. Les
bateaux devaient décharger leur cargaison au port Barbin, à
l'emplacement de la place Waldeck-Rousseau. Mariniers, bateaux-lavoirs,
loueurs de canots, s'y disputaient les places disponibles. Les riverains d'amont accusaient les meuniers
de Barbin de retenir beaucoup trop d'eau pour faire tourner leurs
moulins, inondant ainsi les propriétés du bord de la rivière : le
niveau réglementaire était plus que celui d'aujourd'hui, quelques
décimètres de plus noyaient les récoltes de foin ou de roseau, et, bien
plus grave, les pelouses de Pont-Hus à Petit-Mars. Les dits meuniers
rejetaient la faute sur la meunière du moulin des Halles; il s'en
suivait de terribles disputes, quand ce n'était pas d'interminables
procès. Ce problème avait failli être résolu vers 1670. Puis en 1731,
lorsque deux ou trois grands propriétaires riverains imaginèrent
d'acheter la Chaussée pour la détruire : la baisse de niveau
consécutive leur aurait fait gagner quelques arpents en asséchant le
lac. Devant les réactions indignées des autres propriétaires, le projet
tomba... à l'eau. En ce
temps-là, les gouvernements français et anglais avaient pris la
déplorable habitude de se faire la guerre. La mer séparant les deux
pays, les combats se faisaient sur l'eau, et la France n'avait pas
toujours le dessus, loin de là! A
la du 18ème siècle, on pensa à creuser un canal entre Nantes et Brest;
en passant à l'intérieur des terres, les bateaux français éviteraient
les mauvaises rencontres. Pour cause de Révolution, le projet fut
retardé de quelques dizaines d'années, et le Canal de Bretagne ne fut
réalisé qu'au 19ème siècle (1811-1836). A
cette occasion, un nouveau barrage fut édifié, au bas de la rue du
Calvaire (l'Erdre occupait alors l'emplacement de notre Cours des
Cinquante Otages). Il était muni d'une écluse. Le lit de l'Erdre fut
régularisé dans la traversée de la ville, les chaussées des Halles et
du Port-Communeau furent détruites, et la Chaussée Barbin fut percée
d'une passe à bateaux surmontée d'un pont en bois. Ces nouvelles
installations, contrairement à ce que l'on entend parfois, ont fait
baissé le niveau du lac de 60 cm environ : les riverains n'ont donc
rien perdu, au contraire ! La
Chaussée de Barbin a disparu définitivement du paysage nantais en 1887
: ses débris ont servi à édifier les abords du pont de la Motte -Rouge.
Le lac n'est jamais très profond : 3 à 4
mètres à peine au milieu du chenal. Celui-ciétait balisé par des
perches de bois, droites d'un côté, sommet cassé de l'autre (balises
"de galerne", encore utilisées il y a peu d'années). La navigation se faisait "à la bourde",
grande tige de bois que le marinier appuyait sur le fond de l'eau. Si
le vent le permettait, on dressait un bout de voile carrée, pour
épargner la peine des hommes. Le
canal lui-même, de Nantes à Quilheix, était pourvu d'un chemin de
halage, et même, sur l'autre rive, d'un "contre-halage". Cela
permettait d'utiliser la traction humaine (à la "bricole") ou
chevaline. A la dernière écluse, il fallait dételer : le lac est
beaucoup trop large, ses rives trop marécageuses, pour utiliser ce mode
de déplacement. On envisagea alors de prolonger le chemin de
halage jusqu'à Nantes; un projet fut établi vers 1844 : il figure sur
certains exemplaires de l'atlas Tollenare des cantons de
Loire-Inférieure. Il suivait la rive droite, en coupant à travers les
zones marécageuses. Le règne de Louis-Philippe se terminait alors par
une grave crise économique; chômage, misère, la situation devenait
inquiétante. Les autorités créèrent alors des "ateliers de charité" qui
fournirent un peu de travail aux nécessiteux. C'est dans ce
contexte que débute le chantier, le 22 mars 1847. Le projet se heurte à
l'opposition des propriétaires, sauf à la Jonelière : l'ingénieur
souligne le "concours loyal et empressé" que lui offrent Olivier de
Sesmaisons et Charles Aubert. C'est donc à la Jonelière que l'on
commence les travaux. Le franchissement de la Boire de la Verrière
(embouchure du Gesvres) sera une bonne expérience "en vue de
l'exécution de remblais sur fonds vaseux", ce qui attend les
constructeurs, en plus grand, à Mazerolles et à la Poupinière.
Les travaux, souvent interrompus, se poursuivent cahin-caha, au gré des
maigres déblocages de crédits, jusqu'en 1848. C'est en vain que
l'ingénieur s'indigne : «Comment pouvoir, sans injustice, et même sans
danger, renvoyer des ouvriers tout aussi nécessiteux et tout aussi
misérables que lorsqu'on les a appelés sur le chantier ?». Comment
justifier l'arrêt des travaux aux propriétaires qui ont cédé leur
terrain, coupé leurs arbres ? Fin 1848, pourtant, le
ministère met en doute l'utilité du chemin de halage : il faudrait
savoir «si les mariniers ne traversent pas les marais avec la gaffe au
moins aussi vite qu'ils parcourent les biefs du canal avec la
cordelle». Ne vaudrait-il pas mieux payer «le propriétaire du bateau
àvapeur qui fait tous les jours le voyage de Nort afin d'employer ce
bateau comme remorqueur ?». Et c'est ainsi que se termine le
chantier du chemin de halage : 1200 mètres environ ont été plus ou
moins réalisés, de la Boire de la Verrière à la Tortière. 20 ans plus tard... L'ingénieur Eon-Duval a
repris le projet; il prévoit une dépense de 490000F, de la Tortière à
Quilheix. Les rapports de ses adjoints font de nouveau état de
l'hostilité des riverains; les malheureux vont être «troublés dans la
jouissance de leurs propriétés d'agrément dont les abords seraient par
suite de l'existence d'un chemin de halage pour ainsi dire à la merci
d'une foule de promeneurs appartenant à la classe ouvrière qui
fréquentent ces parages les dimanches et fêtes et souvent même les
autres jours de la semaine». Et chacun sait, dans le beau monde, que
«la société qui hante la rivière d'Erdre est déplorable sous le rapport
des moeurs«. L'imminence d'un tel danger- le projet a été déclaré
d'utilité publique le 27 avril 1861 - ne pouvait que susciter des actes
d'héroïsme chez ces nobles coeurs. L'idée d'un remorqueur
n'est pas oubliée. Et le 12 janvier 1869, Louis Lévesque (propriétaire
de la Poterie et de la Chantrerie), la veuve Poydras de la Lande (la
Gascherie), et R. Coinquet (maire de Nort-sur Erdre), s'engagent
«conjointement et solidairement» à se charger de l'entreprise «d'un
service subventionné de remorquage entre Nantes et Nort» , moyennant
une subvention de 36 F par jour où le remorqueur aura «effectué un
voyage à l'aller et au retour entre Nantes et Nort». Le
Ministère de l'Agriculture et des Travaux Publics est d'accord : le
remorquage va être établi, à titre expérimental, pour une durée de 15
ans. Mais, si au bout de 5 ans il n'a pas été donné satisfaction, on
reviendra à l'idée du chemin de halage. Le service est mis en
adjudication le 14 juillet 1869. Comme aucun autre candidat ne s'est
manifesté, les trois associés doivent, bien à contrecoeur, exécuter
leur promesse. Le premier
remorqueur est "l'Éclair", un vapeur en fer construit à Nantes. Deux
machines à vapeur "Gâche frères" entraînent deux roues à 14 palettes de
3,20 m de diamètre. Il appartient au sieur Boyer, directeur des
"Paquebots de l'Erdre", que les associés ont chargé de mettre en oeuvre
leur entreprise. 1874... Les
trois associés réclament la résiliation de leur contrat : au lieu du
bénéfice escompté, l'entreprise est déficitaire; le prix du charbon a
augmenté, les droits de remorquage ne rapportent pas autant que prévu,
deux ans de guerre n'ont rien arrangé... Refus de
l'administration : les ingénieurs des Ponts et Chaussées démontrent
facilement que les difficultés viennent du fait que les associés, au
lieu de faire construire un vrai remorqueur, ont préféré faire adapter
à moindre coût un bateau à passagers. «Un bateau pour voyageurs ne fera
jamais qu'un mauvais remorqueur, confirme le constructeur Gâche aîné,
et un remorqueur sera toujours un mauvais bateau à voyageurs».
L'entreprise Boyer a déclaré forfait. La menace d'un chemin de halage
est toujours présente. Louis Lévesque doit trouver rapidement un autre
remorqueur. M. Gris, fabricant de Chaux, qui possède un bateau
convenable de 22 chevaux, "la Providence", prend la succession. Le
ministère a accepté de porter la subvention quotidienne de 36 F à 46 F.
De nombreux incidents viennent animer les opérations de remorquage. Le
premier mois, les tarifs sont appliqués avec beaucoup de fantaisie. Le
remorqueur oublie trop facilement de s'arrêter à Quilheix, pour emmener
les bateaux qui arrivent de Redon. Les machines tombent en panne, de
préférence au milieu des plaines de Mazerolles. Un jour, le remorqueur
se retrouve à la tête de file de 13 bateaux; le capitaine doit se
fâcher tout rouge et aller décrocher lui-même les resquilleurs.
Néanmoins, en 1872, l'ingénieur en chef estimait que l'entreprise avait
fonctionné 330 jours dans l'année, et que 72 000 tonnes avaient été
remorquées : la moitié du tonnage qui avait circulé sur l'Erdre cette
année-là. Louis Lévesque n'a
réussi à se débarrasser de son fardeau qu'à la fin de son contrat, en
1875. Le remorquage a continué encore longtemps : les vieilles cartes
postales du début du 20ème siècle nous montrent le vaillant "Moustique"
remorquant des trains de bois devant Sucé ou Port Mulon. Les
automoteurs apparaissent tout à la fin du 19ème siècle. La concurrence
du chemin de fer, puis de la route, va porter un coup fatal à la
navigation de commerce, et il ne sera plus question du chemin de
halage. Les quelques ébauches que l'on peut voir au Vieux-Gâchet, ou à
la Chantrerie, ne sont sans doute que les chemins des anciens grands
domaines, ou peut-être des carrières où les bateaux venaient chercher
des matériaux. Il faudra
attendre la seconde moitié du 20ème siècle pour que tout le monde ait
accès aux rives de l'Erdre, au moins à Nantes et à la Chapelle. Mais
ceci est-il vraiment une autre histoire ? (Texte rédigé d'après
les archives des Ponts et Chaussées, déposées aux Archives
Départementales de Loire-Atlantique) Louis
Le Bail |
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 | PORTERIE
OU PORTRICQ ? |
 |  | Autrefois,
on écrivait indifféremment l'une ou l'autre forme. Ce n'est que vers
1960 que la forme Porterie a été adoptée - définitivement ?- par la
municipalité nantaise. Avec quelques regrets, puisqu'on a vu naître
dans le quartier, depuis, une allée de Portricq. Porterie est le territoire d'une très
ancienne seigneurie déjà mentionnée au Moyen Âge. Au 17ème siècle,
Porterie passe aux mains de la famille d'Espinoze, célèbres négociants
d'origine espagnole établis à Nantes et anoblis, qui possèdent
également à Carquefou le vaste domaine des Renaudières - la Fleuriaie.
Au 18ème siècle, une fille d'Espinoze épouse un fils de Rosmadec, et
les marquis de Goulaine deviennent donc propriétaires de Porterie, dont
ils vont être les derniers seigneurs. Jusqu'à la Révolution,
Porterie (qui n'était pas encore Saint Joseph) et l'Etang-Hervé (qui
n'était pas encore Gâchet) étaient des groupes de hameaux qui faisaient
partie de Saint Donatien. Avant 1789, Saint Donatien était une
paroisse, aussi indépendante de Nantes, sans doute, que ses voisines
Carquefou, Doulon, Sainte-Luce, La Chapelle-sur-Erdre. Saint Donatien
s'étendait sur la rive gauche de l'Erdre, dans les limites actuelles de
Nantes et sur la rive droite jusqu'au château de la Poterie en face de
la Chantrerie. En 1791, Saint Donatien est rattaché à Nantes
et c'est ainsi que les Portériens devinrent Nantais.
Porterie au 18ème siècle
A l'emplacement du bourg, il y avait
des champs, des prés, des tailles. La construction la plus importante
était le "château", ou "maison de Porterie" : tous les lundis matin un
homme de loi venait y juger petits délits, contestations et problèmes
de voisinage. Comme elle était habitée par les fermiers du domaine, le
vieux cadastre la désigne sous le nom de "métairie de Porterie". On la
voit encore derrière la boulangerie. A
quelques centaines de mètres, Porterie-Village regroupait plusieurs
hameaux ou maisons isolées : les Couffins, le Petit-Launay, le Houx, le
Buron, La Vieillerie (ou Violerie), le Linot, le Gotha... A 50 mètres
au nord du " château", s'élevait la vieille chapelle de Portricq,
disparue vers 1930. A 300m vers le nord, le long de la route de Saint
Joseph on voit encore les vestiges de la grosse métairie de Malitourne,
et près de l'entrée de la route de Gâchet, tournaient les ailes du "
moulin de Porterie". De l'entrée du "château", on gagnait la route de
Châteaubriant par une belle allée, "l'avenue de Porterie" , dont les
arbres ont dû servir à cuire le pain des Nantais pendant la Révolution.
Elle est devenue la "rue du Bêle", allez donc savoir pourquoi...
N'oublions pas de citer les autres hameaux : les Garniers, près du
château; la Conardière et le Brouillard; la Fontaine-Caron et le Bêle;
les deux petites borderies de "Blanche" et celle de Rogeolais. Tout au
nord le port Brégeon, le Picot, la Brégeonnière,la Guiblinière, la
Porte-Douillard, Boisbonne et Bois-Bonnière, étaient connus sous le nom
de l'Etang-Hervé, terme qui désigne encore aujourd'hui le ruisseau qui
sépare Nantes de Carquefou. Entre l'Etang-Hervé et Porterie, on passait
près de la métairie de la Chantrerie, qui appartenait au Chapitre de la
Cathédrale, et près des grosses fermes de Cheviré et de la Perverie.
Porterie
au 19ème siècle Le domaine de Porterie René-François
Lelasseur descend d'une famille de "blétiers" (angevins négociants en
grains) établie à Nantes au début du 17ème siècle. Il est avocat
général de la Chambre des Comptes en Bretagne, troisième personnage de
cette vénérable institution. Il dispose d'une solide fortune, qui lui a
permis de quitter la maison familiale, rue du Moulin, pour acheter
l'hôtel Lelasseur près de l'Oratoire. Il a reçu en héritage
Clermont-Ranzay (aujourd'hui mairie annexe du quartier) En 1787, il
achète pour 126000 livres, le domaine de Porterie voisin. La perte de
sa haute fonction (la Chambre des Comptes est supprimée par la
Révolution) ne l'empêche pas de s'offrir le Boie-Hue, puis la Loge
(partie nord de la Chantrerie). Il laisse à sa mort, en 1838 , 300
hectares à ses héritiers, 25 métairies, borderies, corps de fermes...
sans compter 50 hectares de prairies à Mauves, la Papotière et le
verger à Doulon, la Bastière à Saint Philbert de Grand-Lieu, la
Renaudière à Couëron, la Sauzinière (boulevard Lelasseur) et quelques
maisons et hôtels particuliers à Nantes. La Chantrerie Ancienne terre d'église, confisquée à la
Révolution, la Chantrerie appartient au 19ème siècle à la famille
Lévesque, dont un membre a été maire de Nantes. Les Lévesques,
négociants, pratiquent le commerce triangulaire, bien après
l'interdiction de la traite des noirs. Le château a été reconstruit en
1860 et le parc a été dessiné par M. Noisette, l'architecte paysagiste
du Jardin des Plantes. Cheviré - la Perverie
Les terres qui accueillent aujourd'hui
l'Atlanpôle appartiennent aux de la Tullaye. A la suite de son mariage,
Raoul de saint Pern devient propriétaire vers 1840 de ces 80 hectares,
répartis entre deux belles fermes : Cheviré (on prononçait Chuiré) sous
l'École des Mines actuelle et la Perverie près du rond-point
d'Atlanpôle. Le
Fort
Une de ces célèbres " Folies Nantaises". Le château porte la date de
1753. Il a été construit par François Galbaud du Fort, qui partageait
sa vie entre Nantes, où il avait une charge à la chambre des Comptes,
et Saint Domingue (Haïti) où il possédait une belle plantation de canne
à sucre, cultivée bien sûr par des esclaves. La terre du Fort, dit-on,
appartint à Alain Barbetorte qui, au 10ème siècle, y aurait possédé un
repos de chasse. Launay
Un petit château
très simple (début du 19ème siècle), une pièce d'eau, un superbe
platane, un des plus beaux arbres de Nantes. Au milieu du 19ème siècle,
le domaine appartenait aux Ducoudray-Bourgault, qui pratiquèrent très
tard, bien après l'interdiction le commerce des esclaves. Les deux
petites borderies du Millau dépendaient du Launay.
Saint Georges - La Halvêque
Anciennes propriétés de l'évêché : la
Halvêque c'était "la Haie-l'Evêque". Jusqu'à la Révolution, les
propriétaires sont les Cosnier de la Botinière, hobereaux des environs
de Saffré. Le Bois de Saint Georges (à l'emplacement du parking de la
Haluchère) fut un des hauts lieux de bataille de Nantes, en 1793. Le
domaine englobait le manoir et le moulin de la Halvêque, le moulin de
la Garde , les borderies de la Beaujoire (sous le terminus du tramway),
la maison de la Bouchetière (sous l'Otelinn de la Beaujoire).
Remarquons(on ne s'en doute guère aujourd'hui) que la principale
culture pratiquée sur ces domaines, c'est la vigne, entre la route de
saint Joseph et l'Erdre, les coteaux étaient couverts de vignes. |
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